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Interview DIEM DELAM

Posté par Guillaume

DIEM DELAM

01. Salut DIEM DELAM ! Tout d’abord, merci à vous d’avoir accepté cette interview! Peux-tu te présenter pour les auditeurs qui ne te connaitraient pas?

Salut à tous et merci à toi en retour pour l’invit’.
Alors en quelques mots, moi c’est DIEM DELAM, Rappeur de l’Essonne, en activité depuis 2000 avec le groupe AMETISS, et en solo avec ce premier opus « Ni d’Ici, ni d’Ailleurs ».
Plusieurs projets sortis avec AMETISS et quelques apparitions sur mix-tapes et compilation comme « Label Rouges 3 », « Ghettostyllistique », « 91 Degrés Sud », etc. Pas mal de scène également avec un groupe de ‘zicos’ (batterie, basse, Dj, sax) dont les ‘première partie’ d’HOCUS POCUS, PHILEMON, ELECTRO DELUXE, PRINCESS ANIÈS, etc.

02. Quelle est la signification de ton blaze ?

DIEM, c’est une anagramme de mon prénom « Mehdi », et DELAM c’est un hommage à mon premier groupe AMETISS. Ça donne DIEM de l’AMETISS aka DIEM DELAM.

03. Quelles sont tes influences musicales et comment en es-tu venu à faire du Rap ?

J’ai commencé à gratter dans le quartier où je vivais, la Guérinère, où l’on voyait les plus grands ouvrir les coffres le soir et enclencher des soirées freestyles. Je grattais solo dans mon coin pour participer à ces rondes, c’est cette ambiance qui m’a donné envie de m’y mettre, et donc je peux dire que mes premières influences étaient les gens que j’entendais là-bas (ZENO, NOASH, L’HOMDI, FABRICE, etc.). C’était en 1998, avec un gros millésime Rap français des SAGES PO’ à IDEAL J. J’étais alors fan de tout ce qui pouvait se faire à cette époque dans l’hexagone.

Le Rap cainri, je m’y suis mis plus tard sous la tutelle de mes proches, DJ CLARK’S et SIRCUT, ainsi que CHIL HITEK mon binôme du groupe AMETISS. J’ai commencé à récupérer le premier CNN, les premiers BOOT CAMP, les RAWKUS et j’ai affiné mon oreille par ce chemin. Aujourd’hui, j’écoute pas mal de soul et de jazz, j’essaie de m’imprégner des musiques qui ont fait le Rap que j’aime, et c’est cette couleur que l’on retrouve dans l’album.

04. Tu fais partie de BACK TRASH PRODUCTION, est-ce que cette équipe est la partie musicale des cartonneurs parisiens BT ? (en graffiti, ndlr)

Oui on peut dire ça.
BT, c’est la famille. Ils se sont créés à la même époque qu’AMETISS et on a fait un bout de chemin en parallèle dans nos disciplines respectives.
BACK TRASH, c’est un peu plus large … C’est une équipe de poto avant tout. Y’a de tout dedans, un gros collectif pas vraiment structuré avec des graffeurs, des producteurs, des DJ’s, des Mc’s, des infographistes, des mecs dans la vidéo… On est autonome pour sortir les projets.
On va commencer à donner un sens concret à cette affaire en sortant une série de Mix-tapes à moins de 5 €, main à la main, à l’ancienne… HIP HOP ! Je te tiens au courant de toute façon…

DIEM DELAM

05. Passée cette petite explication, revenons à la musique et notamment ton actualité. Ton premier album « Ni d’Ici, ni d’Ailleurs » est disponible dans les bacs depuis le 14 Avril, comment s’est passée son élaboration et depuis combien travailles-tu dessus ?

J’ai bien mis deux ans pour sortir ce CD, entre la première maquette et la sortie dans les bacs.
J’ai taffé en famille dessus. Ça commence par une bonne prod de DIRTY DEF, de CLEANCUT, de WHYSHITY ou de CLASH. Une maquette à la maison et finalisation en studio chez MDB Prod où on a posé, réalisé et mixé l’album entier.
On a fait intervenir des ‘zicos’ (saxos, guitares et basse) ainsi que des Dj’s pour les scratchs :
une trentaine de titres de maquettés, pour n’en garder que 15 au final.

06. Dans le titre de ton album, j’ai trouvé une double signification, tu me diras si c’est le cas ou pas. Tout d’abord, il y a le phénomène de « cul entre 2 chaises », que tu expliques parfaitement dans ton morceau. Mais peut-on y aussi y voir une signification par rapport à la musicalité de l’album qui n’est pas vraiment d’ici ni d’ailleurs ?

Non, je dois t’avouer que je n’ai pas fait de rapprochement avec la musicalité de l’album… Je voulais simplement présenter au mieux le personnage et le délire du CD. À la limite, la double signification que j’y mettrais est dans le fait que je ne représente pas de quartier en particulier, je suis un homme du monde, c’est tout.
J’avais lu à l’ancienne un article sur DEAD PREZ qui disait « As-tu déjà vu un esclave représenter son champs de coton ? », ça m’avait fait réfléchir à l’époque et j’ai gardé cette mentalité.

07. Au niveau production, tu as principalement fait appel à WHYSHITY. Pourquoi ce choix et avais-tu déjà collaboré avec lui auparavant ?

J’ai rencontré WHYSHITY quand il s’appelait encore DJ VONS il y a quelques années. Il travaillait sur une tape avec SPARKO, « Nouvelle Formule », sur laquelle ils nous avaient invités avec AMETISS. J’ai halluciné sur la qualité des prods, et j’ai tout de suite voulu bosser avec lui. On a parlé musique ensemble et on parlait la même langue. On s’est bien entendu et la collaboration est venue naturellement. Je voulais sa couleur pour l’album.

08. Il y a peu de featurings sur cet album, pourquoi ce choix ?

Je ne voyais pas beaucoup de monde dessus. Je voulais faire quelque chose de très personnel, imposer mon délire. Il n’y a que ROCÉ et TONER de SYNERGIE avec qui ça a ‘capoté’, sinon je suis très satisfait du nombre d’apparitions et de leurs performances.

09. G-MONI apparaît en featuring sur 2 morceaux, comment s’est faite la connexion ?

C’est simple, j’en ai entendu parler à plusieurs reprises, j’ai écouté, j’ai kiffé. On s’est connecté pendant la promo du premier projet de EECH en radio et je l’ai invité sur « J’tiens à t’rassurer ».
On a kiffé le son, on est devenu poto et depuis on taf ensemble sur un Street CD qui va bientôt voir le jour, tu peux d’ailleurs voir le clip de « Cultures et Dépendances » feat P.O qui tourne sur nos myspaces. Le projet est en cours de mixage et devrait sortir d’ici quelques mois.

DIEM DELAM

10. Au vu de la musicalité d’ensemble de ton album, te sens-tu proche de la scène Rap Hexagonale ?

Bah, les seuls trucs qui me touchent dans le Rap français ça va être LA RUMEUR à un extrême, les gars du SAÏAN à une autre, et OXMO entre les deux. Sinon là comme ça, je ne vois pas trop, KERY JAMES, un peu encore… Mais c’est vrai que musicalement, je ne me sens pas proche de ce mouvement, je n’apprécie pas les prods plus que ça, trop synthétique à mon goût.

11. Tu as fait un très bon morceau tribute to hip-hop (avec le morceau « Hip-Hop »). Pourquoi cet hommage ?

Je ne l’ai pas pensé directement comme un hommage.
J’avais fait une scène avec DA’PRO pendant que je bouclais l’album, et il a placé un morceau qui s’appelait « Le Support » avec LASCARFACE et JOX. Chacun représentait son support : le CD, le vinyle et la cassette. Le lendemain, DIRTY DEF m’a envoyé la boucle de JEFF BECK, la scène dans la tête, j’ai repris leur concept avec le Hip Hop. Ils sont venus tous les trois participer à l’ambiançage du son. Voilà l’histoire de ce morceau.

12. NAS disait il y a quelques années « Hip Hop is Dead ». Est-ce le cas selon toi ? Ou est-ce que les rappeurs actuels ont oublié d’où vient leur art ?

On est loin de l’esprit bon enfant des années 80, loin des révoltes des années 90, aujourd’hui on est dans le bizness. On cultive le mimétisme des riches, on veut faire du gen-art point.
Dans le Rap, avec toute l’industrie autour, c’est vrai que l’esprit se meure,
Maintenant dire que le Hip Hop est mort, non, je ne pense pas… sinon j’arrêterai ! Mais je pense que le Hip Hop n’est pas fait pour être un mouvement de « masse », un mouvement trop structuré. Ce sont les petites actions qui font le Hip Hop : tu peux faire des fresques complexes sur un plateau télé, ce ne serait jamais aussi vrai qu’un flop dégueulasse sur l’autoroute, faut savoir se contenter de peu de retours.

13. Dans le clip du morceau « Hip Hop » (très bien réalisé du reste et visible à la fin de cette interview, ndlr), on peut voir le Rappeur DA’PRO [Force Pure]. Pourquoi ne pas l’avoir invité dans ton album ?

Bah écoutes, DA’PRO fait une apparition sur l’album… C’est la K-7 qui ambiance la track Hip Hop ! Après pour ce qui en est de poser un couplet, tu remarqueras qu’il n’y a qu’un seul rappeur sur mon album qui est mon compère d’AMETISS. J’ai bien pensé inviter le DA’PRO sur ce même ‘track’ mais j’ai préféré garder des surprises au chaud pour la suite… On a plusieurs morceaux en communs qui vont débarquer, le premier étant sur la tape de EECH (« Get Eech & Stop Cryin’ », et 2 autres d’ici la fin de l’année…

14. Dans le morceau « Fat Mama », dont le titre est assez évocateur, détonne dans une société qui a érigé le culte de la minceur comme norme. Est-ce un morceau pour décomplexer toutes les personnes qui ne sont pas dans cette norme ? Ou est-ce juste un morceau qui montre tes préférences ?

Un peu des deux. Dans un premier temps, je l’ai fait pour délirer, affirmer mes préférences. Je voulais faire un morceau sur les femmes sans passer par le cliché de la chanson d’amour ou pire par la misogynie.
Je l’ai tourné, au fur et à mesure de son élaboration, vers le décomplexe notamment en parlant de ma copine qui se fait une maladie pour quelques kilos de trop. C’était ce que je vivais au quotidien que j’ai retranscris…

DIEM DELAM

15. Au début du morceau « Génération Cobaye », on peut entendre un sample d’une partie de dialogue du film « L’Expérience ». Est-ce ce film qui t’a inspiré le morceau ? Ou bien était-ce un thème qui te tenait à cœur et que tu as illustré avec des bouts de dialogue de ce film ?

C’est le thème qui me tenait à cœur. Je savais exactement à l’avance quelle ambiance je voulais et j’ai regardé quelques films pour m’imprégner de leur atmosphère, notamment « Fight Club ». C’était en plein dans la grippe aviaire, j’avais tous les exemples sous la main avec les reportages sur le réchauffement de la planète. L’expérience m’a simplement servi de banque de son, y’avait aussi l’expérience interdite qu’on a samplé pour cette intro.

16. As-tu d’autres projets en cours ? (albums, featurings, compilations, etc.)

Oui, un projet en duo avec G-MONI qui devrait voir le jour vers janvier 2009 « Dans la Peau d’un Autre ». Je prépare une mixtape téléchargeable en ce moment, qui sera disponible dans quelques mois avec pas mal de feat dont DA’PRO, MIL, EECH, DANDIGUEL, SYNERGIE, G-MONI, etc. La famille quoi !

On attend les sorties de compiles et de G-PRO sur lesquelles je fais une apparition : celui de DA’PRO, la tape de SSDR et G-MONI, l’album de JOX, l’album de DANDIGUEL, celui de Jr ZY, sur le projet « Cercle Polaire » de mon pote CHIL HITEK… et déjà dispo n’oubliez pas : la tape de EECH, « Le Cassedal » de SPEE BANGER & TEENOX, « La Ziptape » de WHYSHITY !

17. Je te remercie du temps que tu m’as consacré et je te laisse donc le mot de la fin!!

RDV SUR SCENE pour venir voir la suite de ce CD : les infos sur http://www.myspace.com/diemdelam
Merci encore à toi.

Propos recueillis par : GUILLAUME | 2008 © RADIO UNDA


Plus d’infos sur : http://www.myspace.com/diemdelam

1 Response so far
  1. latisse Said,

    good stuff

    Posté le janvier 24th, 2010 à 10 h 16 min

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